on Des nouvelles du sondage sur l’utilisation de l’apprentissage mobile et du microapprentissage dans les milieux éducationnels du Canada francophone
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Des nouvelles du sondage sur l’utilisation de l’apprentissage mobile et du microapprentissage dans les milieux éducationnels du Canada francophone

Le 15 janvier 2019, l’équipe du projet Pratiques FAD lançait un questionnaire en lien avec l’apprentissage mobile et le microapprentissage afin d’évaluer l’état des habitudes et des pratiques dans les milieux éducationnels du Canada francophone. Ce sondage s’adressait aux enseignants, aux formateurs, aux conseillers en formation, aux conseillers pédagogiques et aux concepteurs pédagogiques du milieu collégial canadien francophone. Les lignes qui suivent présentent une vue d’ensemble des résultats. 

Au total, 54 personnes ont complété cette enquête, dont la plupart proviennent du milieu collégial (72,2 %). Les premières questions concernaient plus particulièrement l’apprentissage mobile. Celui-ci était décrit comme un accès à la formation à l’aide d’appareils mobiles comme le téléphone intelligent, la tablette ou l’ordinateur portable. La plupart des répondants s’évaluent à l’aise ou très à l’aise avec les technologies mobiles (85,2 %) alors que les autres se trouvent partiellement ou peu à l’aise avec celles-ci.  

Dans leur pratique, une grande majorité (85,2 %) utilise des appareils mobiles comme le téléphone intelligent, la tablette ou le portable. L’ordinateur portable est le dispositif le plus répandu (chez 91,8 % des personnes interrogées qui utilisent un ou des appareils mobiles), mais le téléphone intelligent (75,5 %) et la tablette (46,9 %) le sont également. Fait intéressant, l’apprentissage mobile sert autant en formation à distance (que ce soit en mode synchrone classe virtuelle ou asynchrone) que lors de l’enseignement en classe traditionnelle. 

Chez quatre participants sur cinq, la présence massive d’appareils mobiles dans leur milieu a eu des impacts sur leur façon d’enseigner. Parmi les impacts favorables, certains soulignent qu’il est plus facile d’être en contact avec les étudiants. Cet élément reste d’ailleurs la principale raison évoquée d’utilisation de l’apprentissage mobile (79,6 %). De même, d’autres mentionnent l’accès à l’information plus pratique. Par exemple, des enseignants fournissent des notes de cours, des exercices et des corrigés en ligne ou encore, ils produisent de courts films donnant des explications supplémentaires. Enfin, des répondants remarquent que les appareils mobiles facilitent le travail collaboratif et entrainent une participation plus active des étudiants dans leurs apprentissages. Lorsque questionnées sur leur perception qu’ont les étudiants de l’apprentissage mobile, les personnes interrogées indiquent que ceux-ci semblent le voir comme bénéfique, apprécient la souplesse que cela apporte et paraissent plus motivées.  

Toutefois, certains enjeux ressortent. Tout d’abord, l’apprentissage mobile demande des adaptations à considérer lorsqu’on passe d’un contenu en présence à un contenu en ligne. De plus, lorsque celui-ci est en ligne, il faut encore que ce dernier soit compatible avec les diverses plateformes.

 

De même, il semble essentiel de recadrer l’utilisation de certaines technologies chez les étudiants, comme le téléphone intelligent. Si certains se montrent rapidement distraits par celui-ci, d’autres s’en servent pour photographier ou filmer du matériel pédagogique sans le consentement des enseignants. Pour éviter des malentendus et des situations potentiellement conflictuelles, il est recommandé de parler explicitement des règles pour une utilisation acceptable des appareils mobiles en classe, et ce, dès la première séance de cours. L’enseignante ou l’enseignant peut profiter de cette discussion pour parler des exemples d’une utilisation permise pour le mobile et présenter les différentes stratégies pédagogiques qui sont implantées dans le cours et qui demandent l’usage d’un appareil mobile.    

Enfin, lorsque questionnés plus spécifiquement sur les obstacles à l’utilisation de l’apprentissage mobile, les participants nomment d’abord le manque de budget (66,7 %). Cette raison est suivie de près par le manque de temps (59,3 %), d’appui institutionnel (59,3 %) et l’accès limité aux appareils et aux réseaux (57,4 %).

Ce sondage collectait également certaines données concernant le microapprentissage. Celui-ci était décrit comme une méthode d’apprentissage à distance se composant de modules courts (de 20 secondes à 5 minutes) consacrés à une notion précise et disponible à n’importe quel moment à l’aide d’appareils mobiles. Cette fois, un peu moins de la moitié des répondants (48,1 %) avouent l’utiliser dans leurs stratégies pédagogiques, que ce soit en formation à distance ou en classe traditionnelle.

En terminant, ce questionnaire a permis de relever un défi de taille. En effet, bien que la grande majorité des participants constatent que la présence des technologies les amène à modifier leur façon de faire (85,2 %), trois personnes questionnées sur quatre (75 %) n’ont jamais reçu de formation relative à la manière d’intégrer dans leur enseignement les appareils mobiles. Pourtant, la plupart (87 %) désirent être formées. Ces derniers résultats nous permettent de conclure que les participants souhaitent en connaître davantage quant aux nouvelles pratiques en M-apprentissage ainsi qu’aux façons de l’intégrer dans leurs différentes modalités d’enseignement. 

Pour télécharger l’infographie complète.

Notes de l’équipe Pratiques FAD :  

Tout au long de ses consultations, l’équipe de Pratiques FAD en est venue à la conclusion que l’apprentissage mobile et le microapprentissage sont deux concepts complémentaires s’intégrant parfaitement l’un à l’autre. C’est pourquoi l’équipe préfère parler de M-apprentissage. 

Le groupe composé de, conseillers pédagogiques, de technopédagogues et de gestionnaires, travaille déjà à la conception pédagogique de 4 nouveaux modules de formations sur le thème du M-apprentissage. Les principaux objectifs de ce nouvel objet d’apprentissage seront :

  1. Permettre aux différents acteurs du milieu de l’éducation collégiale francophone canadien de comprendre et saisir les subtilités et les enjeux reliés à l’utilisation du M-apprentissage dans un contexte pédagogique (en synchrone, en classe traditionnelle, en asynchrone et en hybride)
  2. Accompagner et mieux outiller les gestionnaires d’établissement dans le processus décisionnel permettant de mettre en place une structure propice à l’utilisation du M-apprentissage.
  3. Proposer aux concepteurs ou conseillers pédagogiques un processus simplifié approprié à l’implantation du M-apprentissage dans le cadre d’une formation et ainsi être en mesure d’accompagner adéquatement les enseignants/tuteurs/formateurs.
  4. Identifier des outils et des stratégies utiles aux enseignants/tuteurs/formateurs dans le but d’utiliser le M-apprentissage dans une formation.

En terminant, une des premières préoccupations des établissements est de baliser l’utilisation des appareils mobiles dans un contexte de formation. À ce sujet, l’Université Laval ainsi que l’Université de Montréal ont produit des guides pour l’utilisation des cellulaires en classe. Voici les liens vers ces guides :

Université de Montréal : http://cpu.umontreal.ca/numerique/documentation/EU23_R3.pdf 

Université Laval : https://www.enseigner.ulaval.ca/guide-web/l-utilisation-des-appareils-mobiles-en-classe 

Rappelons que ce projet est financé par le volet « Expériences intercollégiales » du Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada (RCCFC). Les établissements partenaires sont le Cégep de Trois-Rivières, le Cégep de la Gaspésie et des Îles et le Cégep à distance (Québec) ainsi que le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et le Collège Éducacentre de la Colombie-Britannique.

 

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